Où respire-t-on le mieux en ville ?

L’air que l’on respire n’est pas le même partout, même dans une grande ville comme Londres, tel est le résultat de l’étude présentée dans cette vidéo par Healthy Air Campaign, Kings’ College et la municipalité de Camden.

L’expérience a consisté à mesurer les expositions respectives d’un passager de bus, d’un cycliste, d’un piéton et d’un automobiliste sur un axe principal aux heures de pointe et de les comparer avec celles d’un cycliste et d’un piéton dans une rue faiblement empruntée. Les volontaires ont été équipé de capteurs servant à mesurer les particules fines émises par les voitures. Résultats :

  • L’automobiliste est 3,5 fois plus exposé que le du piéton, 5 fois plus que le cycliste, et 2,5 fois plus que le passager du bus sur l’axe de circulation importante. La raison à cela est double : les voitures et le bus (et a fortiori les 2 roues motorisés) se situent juste au niveau des flux de particules émis par les pots d’échappement, et en outre, l’air se renouvelle moins vite dans un habitacle fermé.
  • Dans une rue faiblement fréquentée, un cycliste est en moyenne exposé 30 % moins que dans une rue principale et un piéton 4 fois moins.
  • Conclusion : changer de mode de transport et de trajet permet à chacun de réduire significativement son exposition à la pollution (et d’améliorer la qualité de l’air !)

 

http://healthyair.org.uk

À Paris aussi ! Des études similaires menées par Airparif en 2009 ont montré qu’en moyenne, l’exposition sur une piste cyclable séparée est 2 fois moins élevée qu’au milieu de la route, et 30 % moins que dans un couloir de bus partagé.

L’Observatoire Régional de Santé de l’Île-de-France a cependant souligné les limites de ces expériences dans un rapport sur les risques et les bénéfices de la pratique du vélo. En effet, ces études ne mesurent pas toutes les mêmes polluants et ne prennent pas toujours en compte l’inhalation (ce que l’on respire et non seulement ce à quoi on est exposé). En effet, lorsque l’on prend en compte ce dernier, les résultats sont légèrement modifiés en défaveur du cycliste qui roule en plein milieu de la circulation dans la mesure où son taux d’inhalation est augmenté par l’effort qu’il doit fournir (ce que soulignent eux-mêmes les auteurs de la vidéo). Cependant, comme l’indique l’ORS, les bénéfices de la marche et du vélo (forme physique, bien-être, etc.) excèdent largement les risques liés aux accidents et à la pollution atmosphérique ; en outre, plus on marche et on fait de vélo, et moins on s’essouffle ! Et en cas de pic de pollution, il suffit de rouler à vitesse modérée ou de ne pas courir dans la rue, ou de se rabattre sur les transports en commun.

Agissons :

  • Chacun à son niveau peut agir en évaluant son trajet et son exposition, mais les pouvoirs publics doivent aussi agir pour modifier les modes de déplacements et de circulation en ville.
  • On ne peut que s’étonner des dernières recommandations du Ministère de la Santé en cas de pic de pollution qui s’adressent principalement aux personnes vulnérables ou sensibles auxquels il est déconseillé la pratique de l’effort physique (certes). Et bien, non, que ce soit en cas de pic ou au quotidien dans un univers pollué, mieux vaut abandonner sa voiture pour le vélo, la marche ou les transports publics, pour réduire son exposition à des polluants reconnus cancérigènes par l’OMS et générateurs de maladies chroniques telles que l’asthme. Un problème sanitaire qui concerne donc tout le monde, les piétons et les cyclistes, tout comme les automobilistes !
  • Un élément auquel devrait aussi réfléchir la Mairie de Paris alors qu’elle élabore son plan vélo et qui plaide en faveur de la généralisation de pistes cyclables séparées et de trajets hors axes principaux (soit tout le contraire des itinéraires conseillés actuels…).

http://votreair.airparif.fr/ (encore au stade du prototype)
http://healthyair.org.uk/healthiest-transport-option-video/

http://www.ors-idf.org/index.php/component/content/article/642-les-benefices-et-les-risques-de-la-pratique-du-velo-evaluation-en-ile-de-france
http://www.airparif.asso.fr/_pdf/publications/NUMERO32.pdf

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/03/13/auto-metro-ou-velo-ou-respire-t-on-le-moins-d-air-pollue_4382697_3244.html

http://transports.blog.lemonde.fr/2014/09/17/exclusif-la-ville-de-paris-devoile-son-plan-velo/#xtor=RSS-3208

http://www.sante.gouv.fr/pollution-de-l-air-recommandations-sanitaires.html

http://www.paris.fr/pratique/deplacements-voirie/velo/carte-des-principaux-amenagements/rub_9931_stand_64244_port_24784

Des villes européennes exemplaires

Certaines villes européennes font preuve d’une réelle volonté politique pour lutter contre la pollution atmosphérique. Quelles sont ces villes et quelles solutions ont-elles trouvé ?

Pour la plupart, les villes exemplaires européennes ont établi une zone à faibles émissions qui permet de limiter l’accès au centre ville pour les véhicules les plus polluants. Aucune ville française n’a encore suivi ce modèle, pourtant des plus efficaces.

En complément, elles renforcent la qualité des réseaux de transports en commun et de pistes cyclables, étendent les superficies des parcs, des zones vertes et des zones piétonnes. Autant de mesures qui améliorent la qualité de l’air mais aussi la qualité de la vie. Le classement Soot free cities de l’ONG allemande BUND en donne le meilleur aperçu.

Copenhague
Le Routard

Copenhague

Copenhague, comme beaucoup d’autres villes nordiques, fait partie de ces villes où le vélo est roi. 35.000 râteliers à bicyclette, 360 km de pistes cyclables (des vraies pistes – en dehors des couloirs de bus et des voies à sens unique), un système de partage de vélos ou encore des autoroutes à vélo. Les vélos sont autorisés dans les transports, ils ont la priorité à beaucoup d’intersections. Au delà d’offrir des lampes, casques et autres bracelets fluo, la ville met également à disposition des cartes interactives pour que chacun puisse prévoir son trajet à vélo sur internet et obtenir toutes sortes d’informations.

Cette politique en faveur des vélos alliée à une bonne politique de transports publics et à un système payant de permis-résident pour les voitures, fait de Copenhague une des villes les plus exemplaires à l’échelle européenne.

Stockholm

Stockholm
Voyageur du dimanche

A Stockholm, l’accès au centre ville est payant pour les voitures de 6h30 à 18h30. La mise en place de cette zone a fortement diminué le nombre de voitures dans le centre ville et a ainsi également diminué la pollution de l’air.

Beaucoup de routes sont limitées à 30 km/h et leur système de partage de voitures (comme l’autolib’ parisien) est plus développé. De 2004 à 2010, 4% des habitants de Stockholm ont ainsi abandonné leur voiture pour les transports publics et le vélo.

Le réseau de transports publics de Stockholm est particulièrement dense. La capacité, l’intensité et la fréquence des transports publics ont été améliorées et le réseau relié à un système de Park & Ride pour que les habitants puissent plus facilement se déplacer dans le centre. Stockholm est renommée pour ces transports en commun fiables et efficaces. La carte Stockholm permet de prendre les transports en commun et d’accéder gratuitement à 80 musées et attractions de la ville. Le métro est aménagé comme une galerie d’art. Les bus roulent au biogaz en réutilisant notamment les résidus des collectes de déchets alimentaires.

Pour les vélos, la ville a mis en place un réseau ouvert 24h/24 de stations de réparation et de gonflage. Les pistes cyclables sont systématiquement séparées des autres voies et, tout comme à Copenhague, les cartes interactives pour les trajets à vélos et l’autorisation des vélos dans les transports publics facilitent leur utilisation.

Berlin
Wikipedia

Berlin

La ville de Berlin a réussi le pari de diviser par deux la pollution en PM10 entre 2005 et 2009. Elle a mis en place de nombreuses restrictions pour les véhicules les plus polluants, dont une zone à faible émission qui couvre une grande partie de la ville. Tout nouveau véhicule municipal doit être équipé d’un filtre à particules et correspondre aux meilleurs standards européens. Tous les nouveaux véhicules de nettoyage sont hybrides. 75% des rues sont limitées à 30km/h et la ville a mis en place des places de parking réservées à l’auto-partage.

Des changements qui auront couté à la ville 1 million d’euro et démontrent sa volonté réelle de résoudre le problème de la pollution atmosphérique.

Lyon

lyon
Hotel Dieu Lyon

Lyon a récemment créé 33% de pistes cyclables en plus, premier pas vers son objectif de 75% de pistes cyclables en plus pour 2020. Le nombre de râteliers à bicyclettes a été multiplié par 4 et 25.000 vélo’v circulent dans la ville. De plus, le système des pédibus apporte une alternative innovante et permet de redonner le goût de se déplacer à pied aux enfants.

 

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Vienne
Le Figaro

Vienne

Vienne a été élue plusieurs fois comme « la ville la plus agréable à vivre » au monde. Son système de transports en commun est propre, abordable et très efficace. Le vendredi, le samedi et la veille des jours fériés, le métro fonctionne 24h/24.

A Vienne tous les bus fonctionnent au gaz naturel et sont équipés de filtres, ce qui a une influence très positive sur la qualité de l’air en ville.

 

Autres exemples

Glasgow a mis en place un système de tickets intelligents et multimodal.

A Madrid, 50 à 60% des déplacements se font en transport public, en partie car le bus ne coute qu’un euro.

Hambourg veut devenir la première grande ville sans voitures.

Freiburg, en Allemagne, est connue pour être une des villes les plus écologiques d’Allemagne. Le centre ville est totalement piéton, des milliers de vélos circulent, des garages à vélo immenses ont été créés, le vélo des parents est muni d’une charrette pour transporter provisions et bébés et de nombreux espaces verts aèrent la ville.

 

Et vous? Que fait votre ville?

 

Sources:

http://sootfreecities.eu/

http://www.reporterre.net/spip.php?article5290

http://www.voyage-glasgow.com/En-transports-en-commun.html

http://www.visitstockholm.com/fr/Voyager/I-Stockholm/Tips-Dans-Stockholm/SL–Les-transports-en-commun-a-Stockholm-/

http://www.gowithoh.fr/guide-vienne/transport-public/

 

 

 

 

La voiture de Saint-Michel

Lors de mes vacances en Normandie au mois d’août, j’ai profité d’un passage à la plage de Carolles pour visiter le Mont Saint-Michel. N’y étant pas allé depuis 25 ans, j’avais hâte de m’imprégner de la beauté du lieux : la baie à marée haute, l’abbaye du Mont-Michel, les omelettes de la Mère Poulard, … J’étais aussi curieux de voir l’état d’avancement des travaux d’aménagement de la baie pour lui rendre son caractère maritime.

« Ce chef-d’œuvre est aujourd’hui menacé. Au fil des siècles et des interventions humaines, la sédimentation s’est accentuée autour du Mont : poldérisation, réalisation de la digue-route, construction du barrage équipé de portes-à-flot… Petit à petit, la mer recule, terre et prés salés progressent. Un parking de quinze hectares au pied des remparts dénature le paysage maritime depuis plus de 50 ans. » (source : site officiel de l’opération d’aménagement de la baie du Mont).

Vue du Mont Saint-Michel

En se rapprochant du Mont, ce qui saute aux yeux n’est malheureusement pas la beauté de la vue mais plutôt la longueur du bouchon de voiture  pour arriver au parking. Après une bonne heure coincé dans leur voiture, les automobilistes peuvent enfin se garer et arpenter les rues du Mont. Quel plaisir de se perdre dans ces petites ruelles pour finir sur les remparts et profiter d’une vue splendide sur la baie du Mont Saint-Michel.

 

 

 

Arrivé sur les remparts je n’avais qu’une envie : m’imprégner de ce lieu magique où l’Homme face à la force des marées et des courants maritimes a réussi un exploit architectural. Malheureusement, arrivé sur les remparts, ce qu’on remarque surtout, c’est que la voiture a réussi à s’imposer face à un monument classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Quel gâchis!

 

 

 

 

Heureusement certains font le choix d’un mode de déplacement plus responsable.

 

 

 

 

 

 

 

D’autres hésitent … Vélo, moto, à pied, …

 

 

 

 

 

 

 

Vivement 2015 et la fin des travaux pour profiter d’un Mont Saint Michel mis en valeur et d’une baie dégagée.

 

 

 

 

 

 

 

 

Respire pédale pour une Vélorution

 

Vélorution organise tous les ans au début du mois de juillet une Vélorution universelle dans les rues de Paris et des vélorutions dans d’autres villes de France (Bordeaux, Limoges ou encore Nancy).

Vélorution est une association ayant pour objectif d’organiser des actions coup de poing pour d’appropriation massive de l’espace urbain.

 

 

Le samedi 2 juillet dernier, RESPIRE a participé à la convergence cycliste au départ de la Place de la Bastille. Contrairement aux Révolutionnaires de 1789, les joyeux cyclistes ont vélorutionné dans une atmosphère familiale et amicale depuis la Bastille pour entamer leur marche vers le Champs de Mars. Aucun automobiliste n’a été guillotiné pour l’occasion. Mais de beaux bouchons de vélos dans la capitale !

La diversité cycliste était au rendez vous : des vélos à une roue, deux roues, huit roues, des triporteurs, des vélos à plusieurs étages, des vélos avec ou sans assistance électrique, des vélos diables dépliés , des tandem …

Tous ces cyclistes équipés ont, l’instant d’un après-midi ralenti la ville au rythme de leur pédalage. Le cortège de cyclistes a emprunté les voies réservées aux voitures ce qui a ralenti le trafic. Les piétons déambulant sur le trottoir des rues que le cortège empruntait ont pu apprécier l’espace d’un instant une ville aérée sans gêne olfactive et auditive. Nous portions avec nous l’espoir d’une ville qui respire, d’une ville plus douce qui se transporte différemment pour le bien être de tous.

 

Il y eu de nombreux échanges avec des piétons, des automobilistes coincés dans leurs voitures, des encouragements, des questionnements et dans certains cas des échanges plus vifs, plus impulsifs.

Dans tout les cas cette action n’est pas passée inaperçue, les cyclistes sont dorénavant visibles.


Le coach belge qui t’aide à troquer ta voiture contre un vélo

A Bruxelles, les automobilistes sont pris par la main pour troquer leur voiture contre un vélo

article original sur Innov’in the city
par Elsa Sidawy | 16.03.11

Lâcher la pédale d’accélérateur et mettre la pédale douce

Six associations bruxelloises ayant pour objectif de promouvoir l’usage du vélo en ville se sont réunies l’an dernier pour lancer cette initiative originale de la Bike Experience. Ces férus de vélo se sont donnés pour mission de faire lâcher le volant à des automobilistes qui hésitent à choisir entre la pédale d’accélérateur et celles d’une bicyclette. En effet, « 70 % des déplacements en voiture à Bruxelles concernent des trajets de moins de 5 km. L’objectif est d’encourager ces gens à laisser leur voiture au garage et à prendre le vélo », explique Magali Ronsmans, chargée de communication chez ProVelo, l’une des associations organisatrices. Souvent, ces personnes n’osent pas franchir le pas, par peur ou par méconnaissance de la circulation cycliste en pleine ville. D’où l’idée d’un coach qui, pendant trois jours, va suivre personnellement son élève de son domicile à son travail, lui donner les astuces pour assurer sa sécurité, lui faire part des raccourcis pour lui faire économiser de précieuses minutes de trajet, éviter les côtes, … « L’objectif du coach est de proposer à son élève les trajets les plus aisés à prendre en vélo », résume Magali Ronsmans.

Des coachs sur-motivés

Visiblement, les automobilistes mordent à l’hameçon de la petite reine : le succès de la première édition a incité les organisateurs à passer la vitesse supérieure. Pendant tout le mois de mars, les volontaires souhaitant participer à l’opération, s’inscrivent en ligne et 250 d’entre eux (30 l’an dernier) seront choisis pour profiter des conseils du coach pendant la période du 2 au 13 mai. Aujourd’hui, les organisateurs enregistrent une centaine d’inscrits. Pour l’instant, le succès est surtout à chercher du côté des coachs, qui, malgré un maigre défraiement de 120 euros pour toute la durée de l’accompagnement, se sont déjà rués au nombre de 250 pour participer et former les récalcitrants du vélo. « Les coachs sont des volontaires passionnés de vélo et qui ont envie de partager cette passion, mais qui ont aussi des connaissances pratiques et théoriques pour se déplacer convenablement à vélo en ville ». Avant d’enfourcher leur nouveau vélo – 20 personnes sur 30 se sont fait prêter un vélo l’an dernier – les candidats sélectionnés suivent une formation théorique, délivrée par le Gracq, l’une des associations partenaires.

Le coup de pouce de la capitale

Mais le succès se mesure aussi aux personnes réellement converties : « sur les 30 personnes sélectionnées l’an dernier, 18 ont acheté un vélo à l’issue de la Bike Experience ». Une preuve supplémentaire de leur investissement dans l’opération ? Les bikers convertis racontent leur expérience sur le site dédié : « la majorité se sont montrés extrêmement satisfaits de l’expérience et la plupart vont continuer à prendre le vélo. Peut-être pas toute l’année, mais le fait de savoir quelle est la meilleure manière d’utiliser un vélo rend la démarche plus facile qu’avant ». 
Pour un coût de 225 000 euros, financés en grande partie par la Région de Bruxelles Capitale et la Loterie nationale, cette campagne permet à la ville de mettre la pédale douce sur l’utilisation des véhicules personnels de ses habitants : un gain pour la collectivité et le bien-être des Bruxellois. Et un coup de pouce supplémentaire dans cette ville dont le nombre de cyclistes a augmenté de 300 % en 10 ans.

Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com