CP : l'association Respire mise sur la fin du diesel en ville

mardi 31 mars 2026 00:00
par Association Respire

Qualité de l’air : l'association Respire mise sur la fin du diesel en ville pour respecter les futures normes européennes d'ici 2030

Paris, le 01/04/2026 – Alors que la nouvelle directive européenne sur la qualité de l'air (AAQD) durcit les seuils de pollution, l’association Respire publie une étude prospective inédite. En modélisant l'impact du trafic routier sur les concentrations de dioxyde d'azote NO2 en Île-de-France, l'association démontre que concentrer les efforts sur la fin du diesel en ville permet d'atteindre les objectifs fixés par la directive européenne.

Alors que le projet de loi sur la simplification de la vie économique, qui supprime les zones à faibles émissions (ZFE), est toujours en attente d’un vote au Parlement, l’association Respire a travaillé sur une étude de modélisation démontrant quels scénarios de politiques publiques permettraient à la France d’être en conformité tout en amenant une alternative aux ZFE actuelles.

Pour cela, l’association a travaillé sur 5 scénarios de modélisation afin d’identifier les pistes de solution possibles sur un polluant majoritairement émis par le trafic routier (NO2) et dangereux pour les voies respiratoires.

Le renouvellement naturel du parc automobile est insuffisant

Contrairement à ce que disent certains détracteurs des politiques en faveur de la qualité de l’air, le renouvellement technologique des véhicules ne suffira pas pour être en conformité. L’étude démontre que malgré une baisse naturelle des émissions de 22 % jusqu’en 2030, la concentration annuelle de NO2 resterait 1,4 fois supérieure au seuil UE et 2,7 fois supérieure aux recommandations de l'OMS en 2030. 

Deux leviers possibles pour atteindre les seuils européens

En revanche, deux scénarios permettent à la France d’être en conformité avec la directive :

- une baisse progressive de 60 % de l'ensemble du trafic routier sur 5 ans (scénario 2) ;

- la fin du diesel en ville d’ici 2030, en remplaçant tous les véhicules non classés, Crit’Air 5, 4, 3 (véhicules diesel) ainsi que les voitures particulières diesel Crit’Air 2 (scénario 3), ce qui représenterait 2,5 millions de véhicules dans la région parisienne.


“La pollution de l’air reste l’une des premières menaces pour la santé publique. Cette étude montre qu’il est possible d’atteindre les objectifs européens à condition de prendre des décisions claires et justes. Sortir progressivement du diesel en ville, tout en accompagnant les ménages et les professionnels dans cette transition, est une mesure à la fois efficace, réaliste et socialement responsable. Il s’agit avant tout de protéger la santé de millions de citoyens et de garantir à chacun le droit de respirer un air sain.” déclare Karima Delli, présidente de Respire.

"Le scénario 3 montre qu’une sortie accélérée du diesel, tout en préservant une certaine souplesse pour les véhicules diesel professionnels, est une voie réaliste et cohérente avec les orientations politiques actuelles pour respecter nos engagements européens et protéger la santé publique", explique Tony Renucci, directeur général de Respire.

L’objectif OMS : un défi qui dépasse le seul secteur routier

L’étude souligne également la difficulté d’atteindre les seuils de l’Organisation Mondiale de la Santé uniquement par le trafic routier, qui nécessiterait d’être réduit de 110 % (scénario 4), ou de ne laisser circuler uniquement les véhicules Crit’Air 1 (scénario 5). Agir sur le trafic routier est donc indispensable mais ne suffit pas pour atteindre les objectifs OMS, et une stratégie plus globale concernant aussi les autres secteurs d’émissions (chauffage, industrie) devra être déployée.

Les recommandations de Respire

Face à ces résultats et dans un contexte de remise en cause des zones à faibles émissions, l’association appelle les pouvoirs publics à :

- Déployer un plan de remplacement des véhicules diesel en ville : développement des aides à la reconversion des ménages, ciblage du leasing social sur les foyers modestes détenteurs de véhicules diesel et incitation des constructeurs à abandonner le diesel
- Investir massivement dans les alternatives (mobilités douces, transports collectifs, covoiturage) 
- Élargir la lutte contre la pollution aux secteurs du bâtiment (arrêt du financement public au bois énergie) et de l'industrie pour abaisser la pollution de fond

Accéder au rapport complet en cliquant ici.

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