Au quotidien, sans qu’on en soit toujours conscient, nos enfants sont exposés à une menace sérieuse : la pollution de l’air.
En France, cette pollution est responsable jusqu’à 40 000 à 100 000 décès prématurés et entraîne une perte d’espérance de vie pouvant atteindre quinze mois dans les zones urbaines densément peuplées.
Les émissions de polluants provenant des véhicules en tant que principale source de pollution en milieu urbain, représentent une préoccupation majeure. Responsables de 63% des émissions d’oxydes d’azote (NOx) et de 15% des émissions de particules, notamment les PM10, ces polluants ont des conséquences graves, entraînant des troubles respiratoires, des impacts sur le développement cognitif, et des problèmes de santé mentale :
Les enfants résidant à proximité d’axes routiers à forte densité de trafic sont exposés à un risque supplémentaire allant jusqu’à 30% pour le développement de nouveaux cas d’asthme,
La pollution de l’air est directement liée à des problèmes pulmonaires, entraînant une diminution pouvant atteindre 10% des capacités respiratoires des enfants dans des zones urbaines densément polluées,
Ces effets ne se limitent pas aux aspects physiques, mais touchent également le développement intellectuel, se traduisant par des performances scolaires inférieures et un risque accru de retards moteurs ou intellectuels,
Les enfants résidant dans des zones fortement polluées présentent jusqu’à quatre fois plus de risques de développer des troubles dépressifs majeurs.
Conséquemment, les 5 premières années de vie, particulièrement celles passées pendant le cycle primaire scolaire, sont cruciales pour prévenir le développement de maladies en lien avec la pollution de l’air.
Depuis ses débuts, l’association Respire porte une attention toute particulière au cas des enfants et des écoles primaires. Plus vulnérables à la pollution atmosphérique, mais aussi à l’insécurité routière causée par les voitures, les enfants représentent en effet un segment de la population à protéger en priorité.
En 2019, le sujet a pris de l’ampleur à Paris à la suite de la publication de la carte des écoles polluées d’Île-de-France (mise à jour en 2022 en tenant compte des nouveaux seuils de l’OMS), qui a donné une visibilité publique au problème : près de 700 établissements sont exposés à des niveaux de pollution dépassant les normes légales de dioxyde d’azote (NO2), dont la plus grande partie (548) se situe à Paris.
Accompagnée des associations partenaires de la coalition La Rue est à nous Paris, Respire a ainsi contribué à faire émerger l’idée d’un dispositif urbanistique spécifique de protection des écoles (les « rues aux écoles ») pendant la campagne municipale de 2020. Une fois élue, l’équipe municipale actuelle s’est engagée à apaiser les abords de 300 écoles parisiennes – avec une attention particulière portée aux écoles polluées – et à en piétonniser et réaménager entièrement 100 d’ici 2026.
Afin de s’assurer de la mise en oeuvre, de la qualité du dispositif, et pour que les rues d’écoles les plus problématiques puissent en bénéficier, l’association Respire a alors réorienté son suivi pour s’inscrire dans ce cadre spécifique et réclamer des aménagements auprès de l’Hôtel de ville et des Mairies d’arrondissement. Pour ce faire, une équipe salariée se tient à la disposition de toute personne, dans et hors de Paris, désireuse de réclamer des améliorations de sa rue d’école.
– Apport d’outils divers de diagnostic et aide à l’analyse des problématiques des rues
– Proposition de solutions urbanistiques adaptées à porter auprès des élu-es
– Accompagnement à la mobilisation des autres parents/du personnel de l’école et à
l’organisation d’actions de sensibilisation
– Aide à l’interpellation des élu-es
– Soutien public de l’association
Si vous souhaitez plus d’informations, consultez l'onglet Ressources complémentaires.
Découvrez ou re-découvrez les différentes solutions pour apaiser une rue d’école dans notre webinaire en replay !
Le dispositif parisien “Rue aux écoles” a été inspiré par la notion de “rue scolaire”, concept forgé initialement à la fin du XXe siècle en Italie, avant d’être amplement développé et popularisé à partir de 2012 en Belgique. Fort de ce succès, la notion a été intégrée au code de la route belge en 2018 mais il diffère complètement de la version implémentée par la mairie de Paris. Le plus souvent, le terme de “rue scolaire” renvoie en effet à une fermeture temporaire de la voirie à la circulation motorisée, limitée aux horaires d’entrée et sortie scolaire, environ une heure par jour.
Les rues scolaires sont donc rarement associées au réaménagement de la voirie comme c’est le cas à Paris, où le dispositif vise en priorité la piétonnisation pérenne des rues, auquel cas la fermeture à la circulation s’accompagne systématiquement de transformations de la voirie. Changement de revêtement au sol, ajout de mobilier urbain et végétalisation permettent ainsi de modifier structurellement les usages de la rue tout en s’inscrivant dans une stratégie de résilience urbaine face au dérèglement climatique.
Néanmoins, face aux contraintes techniques inhérentes à une ville bâtie pour la circulation automobile, il existe différentes versions alternatives du dispositif, adaptées aux spécificités de chaque rue concernée.
Lorsqu’une rue est sélectionnée pour devenir rue aux écoles, une première phase transitoire a généralement lieu, pendant laquelle la rue est fermée à la circulation via la pose de barrières. Des panneaux “Aire piétonne” sont ajoutés, des marquages blancs sont peints au sol et les anciennes places de stationnement sont neutralisées. Cette phase transitoire est vouée à être pérennisée dès que possible avec des aménagements plus conséquents.
Ce type de rue est efficace pour couper la circulation car il est rapide et nécessite peu de budget. A Respire, nous plébiscitons ce type de rues, avec toutefois quelques aménagements tactiques qui rendent la rue plus agréable, car cela permet la démultiplication du dispositif qui peut ainsi bénéficier à une plus large population.

Rue des Tourelles, 20e, ©Respire septembre 2023

Rue Surmelin, 20e, ©Respire septembre 2023
Dans un second temps, les rues transitoires font l’objet d’aménagements beaucoup plus lourds et longs. A cette occasion, le revêtement au sol est changé par un enrobé clair visant à participer au rafraichissement de la rue. A noter que la chaussée est alors rehaussée au niveau du trottoir, qui disparaît au profit d’une placette entièrement à niveau.
Un autre aspect important est celui de la végétalisation, très prégnant dans le dispositif, qui conditionne souvent le choix des projets. Les carrefours sont également sécurisés, en y retirant les places de stationnement situées devant les traversées piétonnes par exemple. Ponctuellement, des marquages ludiques au sol et du mobilier plus élaboré (bancs, fontaines) sont ajoutés.
A noter que ces rues aux écoles sont des espaces où la circulation générale est interdite, mais elles restent aménagées pour la circulation des véhicules de secours et de propreté, ainsi que d’éventuels riverains ayant besoin d’accéder à leurs garages. Cela explique qu’il est proscrit d’y faire des aménagements plus “lourds”, comme de véritables aires de jeux ou des squares.

Rue Sommerard, 5e, ©Respire septembre 2023
Rue Amelot, 11e, ©AlexandreD septembre 2023
Elles correspondent à un statut juridique qui permet de restreindre la circulation à la desserte locale (riverain-es et logistique). Elles n’interdisent donc pas complètement la circulation mais la restreignent très fortement, à condition d’être suffisamment aménagées pour cela. Ces aménagements peuvent être le changement de revêtement au sol, la suppression des stationnements et passages piétons, le rehaussement de l’entrée de rue avec dallage ou pavage permettant de signaler le caractère piéton, une végétalisation, l’élargissement des trottoirs, une mise en impasse etc.
A la différence des rues aux écoles “modèles”, les aires piétonnes ouvertes à Paris n’ont aucune “doctrine” d’aménagement spécifique à suivre, c’est-à-dire qu’il n’y a aucune règle qui rend certains aménagements obligatoires. Cela explique les disparités qualitatives entre les différentes aires piétonnes dans toute la ville.

Rue de Moscou, 8e, ©Respire octobre 2023
Rue Gustave Doré 17e, ©Respire octobre 2023

Rue Jacquier, 14e, ©Respire octobre 2023
Elles correspondent à un statut juridique permettant d’apaiser une rue en y contraignant la circulation à 20 km/h, avec la priorité accordée aux piétons sur tous les autres modes, sans aucune restriction de circulation.
L’aménagement consiste généralement a minima à mettre des panneaux de signalisation “Zone de rencontre”, des marquages au sol et à supprimer les passages piétons car, par définition, les piéton-nes peuvent traverser partout. Dans les faits, ces zones sont peu respectées car encore peu connues par les automobilistes : là-encore, les aménagements doivent être suffisamment “crédibles” pour signaler le caractère apaisé de la rue.
Rue Guillaume Apollinaire, 6e, ©Respire novembre 2023
Ce sont les rues scolaires au sens “classique”, comme en trouve partout en Europe. Il en existe très peu à Paris. Elles sont à l’initiative des parents d’élèves et gérées par eux ou par le personnel d’école volontaire pendant les horaires de sortie et entrées scolaires.

Rue Martel, 10e, ©Benoît Derouet mai 2023
Respire a besoin de votre soutien pour mener à bien ce projet.
Le projet « Suivi des rues aux écoles » a été financé par l’Ademe sur la période 2021-2024.
Carte des écoles polluées en région Sud
Carte des écoles polluées en Ile de France
Carte des écoles polluées en région AURA
Carte de l'observatoire des rues aux écoles à Paris
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