Golfe de Fos, le 18 février 2026
Dans le cadre des élections municipales de 2026, ADEVIMAP, Alternatiba Martigues Ouest Etang de Berre, le Collectif Sauvons nos Étangs, le Collectif Cistude et Respire publient un plaidoyer commun appelant les candidats des communes du Golfe de Fos (Istres, Fos-sur-Mer, Port-de-Bouc, Martigues, Saint-Mitre-les-Remparts et Port-Saint-Louis-du-Rhône) à se positionner clairement sur les enjeux de santé publique et d’environnement.
Les projets de transformation de la zone industrialo-portuaire de Fos soulèvent en effet des interrogations majeures : atteintes à la biodiversité, disponibilité de l’eau potable, impacts sanitaires persistants, dégradation du cadre de vie... Les élections municipales constituent donc un moment décisif pour répondre à ces enjeux.
Depuis des décennies, les habitants du Golfe de Fos subissent un effet cocktail de polluants issus des activités industrielles. Ces polluants se retrouvent dans l’air, dans les sols et dans l’eau. Fos-sur-Mer figure parmi les territoires les plus touchés par la contamination de l’eau aux PFAS, avec des concentrations pouvant atteindre jusqu’à six fois la norme en vigueur. À cela s’ajoute une mobilité fondée sur le « tout routier » puisque l’immense majorité des déplacements dans la zone industrialo-portuaire s'effectuent en voiture particulière ou en poids lourds.
Plusieurs études mettent en évidence un état de santé préoccupant des populations habitant à proximité des installations industrielles. Pourtant, les politiques publiques de santé et de surveillance environnementale sont aujourd’hui insuffisantes et/ou menacées (formation insuffisante des professionnels de santé à la santé environnementale, outils statistiques épidémiologiques limités, suppression de stations de mesure de la qualité de l’air dans l’ouest de l’Étang de Berre, baisse des subventions de l’Institut écocitoyen de Fos-sur-Mer…).
Les canicules, les sécheresses, les inondations et les submersions marines s’intensifient en Méditerranée. Le Golfe de Fos étant déjà fragilisé par la pollution industrielle, ces phénomènes dégradent toujours plus le cadre de vie pour les habitants. Pourtant, notre territoire possède un atout majeur : sa biodiversité remarquable. Les zones humides et les espaces naturels interstitiels jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes et la qualité de vie (filtration des polluants, régulation thermique, soutien du cycle de l’eau). Ces fonctions sont aujourd’hui menacées par la multiplication de projets d’artificialisation : golf et quartier dit « écodurable » à Istres, variante dite du « barreau des étangs », nouveaux projets industriels, etc.
Les communes disposent de leviers d’action en matière d’urbanisme, de mobilités, de prévention sanitaire et de protection des espaces naturels. Les listes candidates sont invitées à se positionner publiquement sur les 19 propositions formulées dans le plaidoyer :
- Proposer un plan de lutte contre les torchages abusifs et renforcer la lutte contre les dégazages et déballastages sauvages.
- Mettre en œuvre un plan d’action pour restaurer la qualité de l’eau potable distribuée.
- Décarboner les modes de transport existants, notamment par l’électrification des flottes et des infrastructures et le développement de la gare de triage de Miramas et développer un réseau de transports collectifs structurants, comme le Service Express Régional Métropolitain (SERM).
- Augmenter l’offre de transports publics, en particulier les Bus à Haut Niveau de Service (BHNS), ainsi que la fréquence et la densification du réseau.
- Mettre en place un réseau de pistes cyclables urbain et interurbain.
- Protéger les financements de l’Institut Écocitoyen.
- Renforcer les réseaux de mesure de la qualité de l’air avec un suivi élargi des polluants (meilleur suivi des particules ultrafines et autres polluants émergents).
- Créer le registre départemental des cancers.
- Développer la formation des professionnels de santé à la santé environnementale, pour améliorer la détection et la prévention des maladies liées aux pollutions.
- Développer des dispositifs de suivi médical spécifiques pour les salariés exposés aux polluants industriels (benzène, solvants, etc.) et pour les riverains.
- Publier un arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) pour le Plan d’Aren.
- Créer un parc naturel régional (PNR) des étangs
- S’opposer aux projets d’artificialisation, dont le golf et le quartier « écodurable » à Istres.
- Inscrire dans les documents d’urbanisme une trajectoire de sobriété foncière et de zéro artificialisation nette.
- Créer une réserve communale citoyenne face aux risques climatiques.
- Veiller à ce que le document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM) soit maintenu à jour et distribué périodiquement à la population.
- Désimperméabiliser les sols (végétaliser les cours d’écoles et les rues).
- Soutenir les constructions et rénovations à haute efficacité énergétique, ainsi que les conversions de systèmes de chauffage les plus polluants en accompagnant en particulier les ménages en situation de précarité énergétique.
- Améliorer l'efficacité thermique des bâtiments communaux et leurs équipements.
Les municipales de 2026 doivent être l’occasion d’un débat démocratique sur le modèle de développement du Golfe de Fos. Nous appelons les candidats à prendre des engagements clairs et partagerons publiquement les réponses ou non réponses de chaque candidat.
Lien vers le plaidoyer complet ici

Respire appelle les candidats aux municipales à se positionner pour le respect de la directive européenne sur la qualité de l’air
Alors que la Commission Mixte Paritaire vient de sceller la suppression des ZFE, l’association Respire passe à l'offensive.
Karima Delli, ancienne Présidente de la commission transports au Parlement européen, élue Présidente de l’association Respire.